Maçons, charpentiers, électriciens, plombiers et tous les ouvriers du bâtiment des entreprises de plus de 10 salariés relèvent de cette convention, qui fixe des règles spécifiques à un secteur réputé difficile.
La convention collective nationale du bâtiment pour les ouvriers des entreprises de plus de 10 salariés, code IDCC 1597, est l'une des plus importantes de France par le nombre de travailleurs couverts. Elle régit les conditions d'emploi de près d'un million d'ouvriers travaillant dans la construction, les travaux publics, le second oeuvre et toutes les spécialités du BTP.
Deux conventions pour le bâtiment
Le secteur bâtiment est couvert par deux conventions selon la taille de l'entreprise : IDCC 1596 pour les entreprises de moins de 10 salariés (souvent artisanales), et IDCC 1597 pour les entreprises de 10 salariés et plus. Les ETAM et cadres du bâtiment relèvent quant à eux de l'IDCC 2609.
La convention s'applique à tous les ouvriers dont l'employeur est une entreprise de bâtiment (construction, rénovation, second oeuvre) de plus de 10 salariés. Sont concernés les maçons, charpentiers, couvreurs, plombiers, électriciens du bâtiment, carreleurs, peintres, menuisiers, plaquistes, terrassiers et toutes les spécialités du BTP.
La convention s'applique sur l'ensemble du territoire national, complétée par des accords régionaux qui peuvent adapter certaines dispositions (notamment les indemnités de trajet et de déplacement) aux réalités locales.
La convention classe les ouvriers en quatre Niveaux (N1 à N4), chacun subdivisé en Positions :
| Niveau | Profil | Qualification |
|---|---|---|
| N1 P1 | Manoeuvre ordinaire | Aucune formation spécifique requise |
| N1 P2 | Manoeuvre spécialisé | Pratique d'un travail défini |
| N1 P3 | Ouvrier spécialisé | Exécution de travaux simples |
| N2 P1 | Ouvrier professionnel 1 | CAP ou niveau équivalent |
| N2 P2 | Ouvrier professionnel 2 | CAP avec expérience confirmée |
| N3 P1 | Ouvrier professionnel qualifié | Autonomie, maîtrise du métier |
| N3 P2 | Chef d'équipe, ouvrier hautement qualifié | Encadrement, polyvalence reconnue |
| N4 | Maître ouvrier, chef de chantier | Expertise et responsabilité complète |
La durée légale de 35 heures s'applique. Dans le bâtiment, les heures supplémentaires sont fréquentes : la plupart des ouvriers travaillent entre 37 h et 39 h par semaine, avec des majorations de 25 % pour les 8 premières heures supplémentaires hebdomadaires et 50 % au-delà.
La convention prévoit des dispositions sur le travail par intempéries (arrêt de chantier, indemnités), le travail de nuit (exceptionnel dans le bâtiment mais encadré) et le travail le week-end sur certains chantiers sensibles.
Les indemnités de trajet et de déplacement sont une spécificité majeure du bâtiment. Contrairement à la plupart des secteurs, les ouvriers du bâtiment se déplacent vers des chantiers changeants. La convention prévoit :
Les barèmes de ces indemnités sont fixés par accords régionaux et révisés régulièrement. Ils ne sont pas soumis à cotisations sociales dans les limites réglementaires.
Petits déplacements et grands déplacements
La distinction entre petit déplacement (retour au domicile chaque soir) et grand déplacement (nuitée hors domicile) est essentielle. Les indemnités de grand déplacement couvrent l'hébergement et les repas, et sont généralement exonérées de cotisations dans les limites URSSAF.
Les durées de préavis dans la convention Bâtiment Ouvriers :
| Catégorie | Ancienneté | Durée du préavis |
|---|---|---|
| Ouvriers N1 à N3 | Moins de 6 mois | 15 jours |
| Ouvriers N1 à N3 | 6 mois à 2 ans | 1 mois |
| Ouvriers N1 à N3 | Plus de 2 ans | 2 mois |
| N4 (chefs de chantier) | Toute ancienneté | 2 à 3 mois |
La prime de vacances est une disposition importante : les ouvriers du bâtiment bénéficient d'un dispositif de congés payés géré par les Caisses de Congés Payés du Bâtiment (CCPB). L'employeur verse des cotisations à la caisse régionale, et le salarié demande directement ses indemnités de congés à la caisse. Ce système découle de la mobilité des ouvriers entre entreprises.
La prime de panier est fréquente pour les ouvriers travaillant sur chantier sans possibilité de rentrer déjeuner. Son montant est défini par les accords régionaux.
L'indemnité légale de licenciement constitue le plancher. En cas de licenciement économique sur les grands chantiers, les dispositions du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) peuvent s'appliquer. La rupture conventionnelle est possible dans les mêmes conditions qu'ailleurs.
Estimez votre indemnité de licenciementCalcul basé sur le Code du travail.→ Estimez votre indemnité de licenciementSimulateur gratuit basé sur votre ancienneté et votre salaire. →L'IDCC 1596 s'applique aux ouvriers des entreprises de bâtiment de moins de 10 salariés (artisans), l'IDCC 1597 aux entreprises de 10 salariés et plus (grandes entreprises, groupes). Les droits sont similaires mais certaines indemnités et primes peuvent différer selon l'accord applicable.
Oui. Les ouvriers du bâtiment ne reçoivent pas leurs indemnités de congés directement de leur employeur, mais via les Caisses de Congés Payés du Bâtiment (CCPB). L'employeur cotise à la caisse régionale, et l'ouvrier fait sa demande directement à la caisse. Ce système compense la mobilité fréquente des ouvriers entre entreprises.
Oui. Dès que le chantier n'est pas le lieu de travail habituel et que le salarié doit se déplacer, des indemnités de trajet sont dues selon les barèmes régionaux. Elles visent à compenser les temps et frais de transport entre le domicile et les chantiers variables.
Non. Les entreprises de bâtiment de moins de 10 salariés relèvent de l'IDCC 1596. L'IDCC 1597 concerne uniquement les entreprises de 10 salariés et plus. Vérifiez l'effectif de votre employeur pour savoir quelle convention s'applique.
Non. Les ETAM (Employés, Techniciens, Agents de Maîtrise) et cadres du bâtiment relèvent de la convention bâtiment ETAM (IDCC 2609), une convention distincte. Seuls les ouvriers sont couverts par les IDCC 1596 et 1597.
Dernière mise à jour : 05/07/2026.